Dans le cas d'une colostomie, les selles sont évacuées de manière incontrôlée dans une poche fixée directement à la paroi abdominale. Les patients dans cette situation sont considérés comme des personnes ayant une excuse légale (ma‘dhur) et bénéficient des facilités accordées à ces personnes dans leurs actes d’adoration. Pour les autres obligations religieuses en dehors des ablutions, ils agissent comme toute autre personne non excusée.
Selon l’école hanafite, la personne excusée prend une ablution pour chaque temps de prière. En effet, le Prophète (s.a.s.) a conseillé à une femme dans cette situation d’agir ainsi. (Buhârî, Vudû’, 63 [228]) Tant qu’aucune autre cause d’invalidité de l’ablution ne survient en dehors de son excuse, la personne excusée peut accomplir autant de prières obligatoires, surérogatoires, de rattrapage, ainsi que la prière du vendredi et des fêtes, effectuer le tawaf de la Kaaba et toucher le Mushaf avec cette ablution prise pendant le temps de prière. (Merğînânî, el-Hidâye, 1/34) Cependant, l’ablution de la personne excusée devient caduque à la fin du temps de prière, il lui faut donc reprendre l’ablution pour le nouveau temps de prière.
L’ablution de la personne excusée est également annulée par toute autre cause d’invalidité en dehors de son excuse. (Kâsânî, Bedâ’i, 1/28) Par exemple, une personne considérée comme excusée parce qu’elle ne peut retenir son urine verra son ablution annulée si elle saigne du nez ou émet des gaz.
Selon les shafiites, la personne excusée doit prendre une nouvelle ablution pour chaque prière obligatoire qu’elle accomplira dans un même temps de prière, car son ablution prend fin dès qu’elle termine la prière. Avec cette ablution, elle peut accomplir autant de prières surérogatoires qu’elle le souhaite. (Shirbînî, Muğni’l-muhtâc, 1/282)
Selon l’école malikite, l’ablution de la personne excusée n’est annulée que par une autre cause d’invalidité, et non par l’entrée ou la sortie du temps de prière. (Ibn Rushd, Bidâyetü’l-muğtahid, 1/41 ; Desûkî, Hâshiya, 1/114-118) Si l’état d’excuse cause une grande gêne à la personne et rend l’ablution très difficile, il est permis de suivre cet avis malikite.
Il convient d’ajouter que le sang, le pus, l’urine, les selles ou tout autre élément impur (najis) provenant de l’excuse et souillant les vêtements de la personne excusée ne constituent pas un obstacle à la prière. La quantité d’impureté n’a pas d’incidence sur la règle. Puisque l’excuse persiste, il n’est pas possible de s’en préserver. Toutefois, si ces éléments impurs ne souillent plus les vêtements ou le corps, il convient de les laver. (Ibn Âbidîn, Reddü’l-muhtâr, 1/306-307)
Source: T.C. Diyanet İşleri Başkanlığı, Din İşleri Yüksek Kurulu
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