Le talisman – selon la terminologie des savants du fiqh – a deux significations :
Avant l’islam, à l’époque de la jahiliya (ignorance), les Arabes accrochaient des colliers à leurs enfants pour les protéger du mauvais œil (amulette) [1]. Les savants sont unanimes à interdire cette pratique [2].
Le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui porte un talisman a associé un partenaire à Allah » [3].
Le talisman sur lequel sont écrits des versets du Coran ou des invocations, utilisé dans un but de bénédiction [4]. Sur cette question, certains savants ont permis cette pratique [5]. Dans un hadith rapporté par ‘Amr ibn Shu‘ayb d’après son père, d’après son grand-père, le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit :
« Si l’un de vous se réveille effrayé de son sommeil et récite ces paroles, il ne lui arrivera aucun mal : « أَعُوذُ بِكَلِمَاتِ اللَّهِ التَّامَّةِ مِنْ غَضَبِهِ وَعِقَابِهِ وَشَرِّ عِبَادِهِ وَمِنْ هَمَزَاتِ الشَّيَاطِينِ وَأَنْ يَحْضُرُونِ ». Ce qui signifie : (Je cherche protection auprès des paroles parfaites d’Allah contre Sa colère, Son châtiment, le mal de Ses serviteurs, ainsi que contre les incitations et la présence des démons).
Le compagnon ‘Abdallah ibn ‘Amr enseignait ces paroles à ses enfants ayant atteint la puberté, et pour les plus jeunes, il les écrivait sur un papier qu’il leur accrochait autour du cou (comme talisman) [6].
Dans le livre « Ad-Durr al-Mukhtâr », il est dit : « Si le talisman contient autre chose que le Coran, il est réprouvé (makruh). Certains ont dit qu’il s’agit des colliers que l’on accrochait au cou à l’époque de la jahiliya. Dans « al-Mujtaba » : « De nos jours, cela est permis et les gens le pratiquent, car il existe des preuves à ce sujet », est-il rapporté [7].
L’imam Malik a estimé qu’il n’y a pas de mal à accrocher sur le cou d’un malade, dans un but de bénédiction, quelque chose sur lequel sont écrits les noms d’Allah [8]. Quant au hadith interdisant les talismans, il concerne la croyance des Arabes de la jahiliya selon laquelle le talisman lui-même apporte un bénéfice ou un mal, ce qui est contraire à la charia. De même, les talismans écrits par des devins, autres que le Coran, sont également interdits [9].
Par conséquent, il n’y a pas de mal à porter un talisman contenant des versets du Coran ou des invocations authentiques, dans un but de bénédiction. Cependant, il faut croire que le bien et le mal, le profit et le préjudice ne viennent que d’Allah, et il ne faut pas manquer de respect aux versets du Coran. Les talismans écrits dans une langue incompréhensible ou avec des symboles ne sont pas permis.
Section Charia et Fatwa du Conseil des Oulémas du Kazakhstan
[1] « Hachiyat Ibn ‘Abidin », 6/363. « An-Nihaya fi gharib al-hadith wa al-athar », 1/191.
[2] « Al-Fatawa al-Hindiya », 5/356. Ibn Hajar, « Al-Fatawa al-hadithiya », 90. Ibn Muflih, « Al-Adab ash-shar‘iya », 2/455-459.
[3] Ahmad, « Musnad », 4/156.
[4] « Hachiyat al-Jamal », 1/76.
[5] « Hachiyat Ibn ‘Abidin », 6/364. Ad-Dardir, « Ash-Sharh as-saghir », 4/769. Ibn Hajar, « Al-Fatawa al-hadithiya », 90. Nawawi, « Al-Majmu‘ », 9/56. Ibn Muflih, « Al-Adab ash-shar‘iya », 2/455-459.
[6] Tirmidhi, n°3528.
[7] « Ad-Durr al-Mukhtâr », 6/363-364.
[8] Qurtubi, « Al-Jami‘ li ahkam al-Qur’an », 10/319.
[9] https://www.dar-alifta.org/ar/ViewResearchFatwa/110/%D8%AD%D9%83%D9%85-%D8%AA%D8%B9%D9%84%D9%8A%D9%82-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D9%85%D8%A7%D8%A6%D9%85
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