Il est obligatoire pour chaque musulman remplissant certaines conditions d’accomplir cinq prières quotidiennes. Chaque prière a été prescrite pour être accomplie dans son temps spécifique. En effet, dans le Coran, il est dit : « La prière est prescrite aux croyants à des temps déterminés. » (en-Nisâ, 4/103). Par conséquent, en temps normal, chaque prière doit être accomplie à son heure. Cependant, en cas d’excuse valable, il est permis de regrouper (faire le « cem ») les prières.
Le terme « cem », qui signifie « regrouper deux prières », désigne le fait d’accomplir ensemble la prière du midi (zuhr) et celle de l’après-midi (asr) soit à l’heure du midi, soit à celle de l’après-midi ; ou la prière du coucher du soleil (maghrib) et celle de la nuit (isha) soit à l’heure du maghrib, soit à celle de l’isha.
Selon l’école hanafite, le regroupement des prières (cem) n’est permis que pour les pèlerins. Le jour de Arafat, à Arafat, la prière de l’après-midi (asr) est avancée et accomplie avec celle du midi (zuhr) (cem-i takdim). Le même jour, la prière du maghrib est retardée et accomplie avec celle de l’isha à Muzdalifa (cem-i te’hir). En dehors de ces cas, il n’est pas permis d’accomplir les prières en les regroupant. (Kâsânî, Bedâ’i, 1/127) Dans les autres écoles (bien qu’il y ait des divergences sur certains points), il est permis, en cas d’excuses telles que le voyage, la pluie ou la tempête, de regrouper les prières du midi et de l’après-midi ou celles du maghrib et de l’isha, soit par avance (cem-i takdim), soit en les retardant (cem-i te’hir). L’un des arguments de cette opinion est le récit d’Ibn Abbâs : « Le Messager d’Allah (s.a.s.) a regroupé les prières du midi et de l’après-midi, du maghrib et de l’isha lors de l’expédition de Tabuk. » (Müslim, Salâtü’l-müsâfirîn, 51-53 [705-706]). Les hanafites considèrent que le regroupement mentionné dans ces hadiths et d’autres similaires est un regroupement « apparent » (c’est-à-dire accomplir une prière à la fin de son temps et la suivante au début de son temps, de manière consécutive, donnant l’impression d’un regroupement). (Muvatta’, Salât, 203 [Şeybânî Rivâyeti, Bâb: 59]; Tahâvî, Şerhu me‘âni’l-âsâr, 1/162 [978-980]; Ibn Rüşd, Bidâyetü'l-müctehid, 1/173-174)
En cas de nécessité importante, une personne suivant l’école hanafite peut également imiter les autres écoles et regrouper les prières mentionnées. Par exemple, en voyage, en cas de coïncidence avec l’heure d’un examen, ou lorsqu’un médecin ne peut pas accomplir la prière à temps pendant une opération, il est permis d’accomplir les prières du midi et de l’après-midi, ou du maghrib et de l’isha, soit par avance (cem-i takdim), soit en les retardant (cem-i te’hir).
La personne qui regroupe les prières doit les accomplir consécutivement et dans l’ordre ; elle ne doit pas accomplir les prières surérogatoires (sunnah) entre les deux prières obligatoires, ni s’occuper d’autre chose entre elles. Les prières obligatoires du midi et de l’après-midi sont accomplies l’une après l’autre, soit à l’heure du midi, soit à celle de l’après-midi ; celles du maghrib et de l’isha, l’une après l’autre, soit à l’heure du maghrib, soit à celle de l’isha, sans interruption. La prière de l’aube (fajr) ne peut être regroupée ni avec celle de la nuit (isha), ni avec celle du midi, et il n’est pas non plus permis de regrouper l’après-midi avec le maghrib ou l’isha avec le fajr.
Source: T.C. Diyanet İşleri Başkanlığı, Din İşleri Yüksek Kurulu
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