De nos jours, il est de plus en plus fréquent d'entendre parler de mariages contractés entre un homme et une femme par téléphone ou via Internet. Lors de la conclusion de ce contrat, qui est l'un des moments les plus importants et mémorables de la vie, il arrive que la mariée soit à un endroit, le marié à un autre, et les témoins encore ailleurs. Quelle est la validité d'un tel mariage selon la charia ?
Les savants contemporains et les grandes instances de fatwa ont étudié cette question en détail et y ont répondu à la lumière des sources islamiques. Ainsi, le Conseil des savants pour les affaires de fatwa et de da'wa d'Irak, le célèbre savant Wahba Zouhayli, Mustafa Zarqa et d'autres érudits ont estimé que, tant qu'il n'y a pas de risque de tromperie ou d'atteinte à la charia, il est permis de contracter un mariage en ligne (Majallat al-fiqh al-islami, 2/867-888).
Cependant, le Conseil des savants de l'Académie de Fiqh islamique, le Comité permanent de la fatwa du Royaume d'Arabie Saoudite, le Conseil des savants de l'université islamique "Dar al-Ulum" du Pakistan, ainsi que des savants tels que Muhammad Yusuf Bannuri et le cheikh Muhammad Taqi Usmani, ont émis une fatwa selon laquelle le mariage en ligne n'est pas valide, car les conditions requises par la charia ne sont pas réunies (Recueil des décisions de la première session de l'Académie de Fiqh islamique, p. 10 ; Fatawa Dar al-Ulum, 3/558 ; Fatawa Usmani, 2/204).
De plus, les savants de l'école hanafite ont depuis longtemps souligné qu'il existe plusieurs conditions pour l'ijab (offre) et le qabul (acceptation), dont l'une est la présence dans une même assemblée (majlis). Alauddin Kasani (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit à ce sujet :
«En ce qui concerne la condition liée au lieu où se conclut le contrat de mariage, il s'agit de la présence des deux parties contractantes (le marié et la mariée) dans la même assemblée. L'ijab et le qabul doivent avoir lieu dans la même assemblée. Si ce n'est pas le cas, le contrat de mariage n'est pas valide.» (Bada'i' as-Sana'i', 2/232).
Alauddin Haskafi (qu'Allah lui fasse miséricorde) a également déclaré à ce sujet :
«Parmi les conditions de l'ijab et du qabul, il y a aussi le fait que les deux contractants soient présents dans la même assemblée, c'est-à-dire au même endroit.» (Radd al-Muhtar, 4/76).
Ibn Abidin, citant l'ouvrage al-Bahr ar-Ra'iq, explique :
«Lorsque les assemblées sont différentes, le contrat de mariage n'est pas valide. Si l'un des contractants fait l'ijab (offre) et que l'autre quitte l'endroit ou s'occupe d'autre chose, l'ijab devient caduc... Si le mariage est contracté à cheval ou en marchant, il n'est pas valide. Mais s'ils sont ensemble sur un bateau, cela est valide, car le bateau est considéré comme un même lieu.» (Radd al-Muhtar, 4/76).
Lors de la conclusion d'un contrat de mariage selon la charia, les contractants et les témoins doivent être présents dans la même assemblée. Ces conditions montrent que les avis juridiques déclarant l'invalidité du mariage contracté par téléphone, Internet ou d'autres moyens de communication modernes sont plus fondés. De plus, il n'existe aucune garantie contre les risques de tromperie dans de telles situations aujourd'hui.
Hassan Amanqoul,
Journal "Munara", n°3, 2020
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