Il est recommandé (moustahabb) pour celui qui craint que quelqu’un ne passe devant lui pendant la prière de placer une sutra [1] devant lui.
La sutra doit idéalement mesurer au moins un demi-mètre de long et ne pas être plus fine qu’un doigt. Il est sunna de se tenir près de la sutra afin d’empêcher qu’on passe devant lui. Il n’est pas nécessaire de placer la sutra exactement devant soi ; elle peut être légèrement à droite ou à gauche. Si rien n’est disponible, il est permis de tracer une ligne horizontale devant soi, semblable à la forme d’un croissant de lune [2].
À ce sujet, il est rapporté d’Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) : « Si l’un de vous prie, qu’il place quelque chose devant lui. S’il ne trouve pas de bâton à planter, qu’il trace une ligne. S’il fait cela, il ne sera pas affecté par celui qui passe devant lui. » [3]
Il est préférable, par respect pour la prière, de rester calme et d’éviter les gestes inutiles, donc il est recommandé de ne pas arrêter celui qui passe devant. Si l’on souhaite tout de même l’arrêter, on peut le faire par un geste de la main ou en prononçant un tasbih tel que « سبحان الله ». Il est déconseillé (makrouh) de combiner les deux méthodes.
De plus, si un homme voit quelqu’un sur le point de passer devant lui lors d’une prière à voix haute, il peut élever la voix dans la récitation du Coran pour signaler sa présence. Une femme, quant à elle, peut faire un geste de la main ou taper sa paume droite sur sa paume gauche au niveau de la poitrine pour signaler.
Il est interdit de passer devant une personne en prière sans nécessité. Le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit : « Si celui qui passe devant une personne en prière savait la gravité de son péché, il vaudrait mieux pour lui d’attendre quarante (jours, mois ou années) plutôt que de passer devant elle. » [4] Le rapporteur du hadith a dit : « Je ne sais pas si le Prophète voulait dire quarante jours, quarante mois ou quarante ans. »
En résumé, passer devant une personne en prière sans raison valable est un péché. Cela concerne les petites mosquées ou les endroits exigus où il n’y a pas de sutra devant le priant. Dans les grandes mosquées ou en plein air, si l’on passe à une distance où le priant ne peut pas voir l’endroit de sa prosternation, il n’y a pas de péché [5].
La sutra placée devant l’imam suffit pour toute la congrégation. Ceux qui prient derrière l’imam n’ont pas à placer une sutra individuelle.
Certains juristes ont précisé à qui incombe la faute si quelqu’un passe devant un priant :
Si le priant n’a pas placé de sutra et prie sur un passage fréquenté, et qu’une personne est obligée de passer devant lui, la faute revient au priant ;
Si le priant a placé une sutra et que quelqu’un passe sans raison valable entre lui et la sutra, la faute revient à celui qui passe ;
Si le priant n’a pas placé de sutra alors qu’il y a un autre passage disponible, et qu’une personne passe devant lui, les deux sont en faute [6].
Le passage d’un chien, d’un chat, d’une personne, etc., devant le priant n’annule pas la prière.
En conclusion, si l’on craint que des gens passent devant soi pendant la prière, il faut placer une sutra et choisir un endroit qui ne gêne pas la circulation. Les autres doivent également veiller à ne pas nuire à la prière de leur frère musulman en passant devant lui.
Section Charia et Fatwa
[1] Objet placé devant le priant pour le protéger du passage des autres.
[2] Hachiyat at-Tahṭāwī.
[3] Rapporté par l’imam Ahmad.
[4] Rapporté par l’imam Boukhari.
[5] Al-Fatawa al-Tatarkhaniyya, 1/630.
[6] Al-Fiqh al-Wadih
Ce contenu a été rédigé avec l’aide de l’IA et relu par un éditeur.