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Peut-on célébrer le Mawlid ?

Shejire Editorial

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Le Mawlid est la commémoration de la naissance de notre Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui). Cette fête a lieu le 12 du mois de Rabî‘ al-Awwal selon le calendrier hégirien, et il est permis de la célébrer pendant tout un mois. Durant cette période, on récite des poèmes sur le Mawlid, des salutations et des invocations. On y évoque la biographie du Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui), ses qualités et ses enseignements. Ainsi, célébrer le Mawlid du Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) est considéré comme mustahabb (recommandé).

Selon le récit d’Ibn ‘Abbâs : « Lorsque le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) arriva à Médine, il vit que les juifs jeûnaient le jour d’Ashoura. Il leur demanda : “Pourquoi jeûnez-vous ce jour-là ?” Ils répondirent : “C’est un grand jour où Allah a noyé Pharaon et sauvé Moïse. Nous jeûnons ce jour par reconnaissance envers Allah.” Le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) jeûna alors ce jour et recommanda aux autres de le faire aussi » [1].

Remercier Allah peut se faire par le jeûne, l’aumône, la récitation du Coran et d’autres actes d’adoration. Le Prophète Muhammad (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) est la plus grande faveur qu’Allah ait accordée à la création. Car c’est par lui que sont venus l’islam, la foi, la promesse du paradis et la délivrance du feu de l’enfer. Exprimer sa joie pour la naissance du Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui), nourrir les pauvres, faire des exhortations – tout cela fait partie des actes de gratitude qui rapprochent de l’agrément d’Allah. Allah dit dans le Coran :

لَقَدْ مَنَّ اللهُ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ إِذْ بَعَثَ فِيهِمْ رَسُولًا مِنْ أَنْفُسِهِمْ يَتْلُو عَلَيْهِمْ آيَاتِهِ وَيُزَكِّيهِمْ وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَإِنْ كَانُوا مِنْ قَبْلُ لَفِي ضَلَالٍ مُبِينٍ

« Même s’ils étaient auparavant dans un égarement manifeste, Allah a accordé une immense faveur aux croyants en envoyant parmi eux un Messager issu d’eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la sagesse »[2].

De plus, le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) considérait sa naissance comme un événement important et exprimait sa gratitude par le jeûne. Selon le hadith rapporté par Abû Qatâda :

« Lorsqu’on interrogea le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) sur le jeûne du lundi, il répondit : “C’est le jour où je suis né et où la révélation m’a été envoyée” » [3]. Les savants, en se basant sur ces hadiths, ont conclu qu’il est permis de célébrer le Mawlid [4].

Le fait que certains considèrent le Mawlid comme une bid‘a (innovation) et affirment que les premières générations (les Compagnons, les Tabi‘in et leurs successeurs) ne l’ont pas pratiqué, n’est pas un argument suffisant pour l’interdire. En effet, le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) a qualifié d’sunnah toute action qui conduit au bien, et a promis une récompense à celui qui l’accomplit. Il a dit :

« Quiconque instaure dans l’islam une bonne tradition (sunnat hasana), il aura la récompense de cet acte ainsi que la récompense de tous ceux qui l’appliqueront après lui. Et quiconque instaure une mauvaise tradition, il portera la faute de cet acte ainsi que la faute de tous ceux qui l’appliqueront après lui » [5].

Le terme « sunnat hasana » dans ce hadith englobe tous les actes vertueux qui ne contredisent pas les principes de la charia. À ce sujet, on cite l’exemple de ‘Umar (r.a) qui a rassemblé les gens derrière un seul imam pour la prière de tarawih, de ‘Uthman ibn ‘Affan (r.a) qui a compilé le Coran, ou encore l’ajout du second appel à la prière du vendredi, etc.

De nombreux savants de l’Orient et de l’Occident, tels qu’Ibn Hajar al-‘Asqalânî, Hafiz Suyûtî, ‘Abdullah ibn al-Hajj, Hafiz as-Sakhâwî, Hafiz al-Qastalânî, Hafiz Ibn ash-Shamma, Ibn Hajar al-Haytamî, ont approuvé la célébration du Mawlid[6]. Ainsi, célébrer le Mawlid du Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) n’est pas contraire à la charia.

Bauyrjan Abdualiev

Département de la charia et des fatwas

  • [1] Boukhari, Mouslim.

  • [2] Sourate Âl-‘Imrân, verset 164.

  • [3] Mouslim, n°1162.

  • [4] Ibn Rajab Hanbali, Lata’if al-Ma‘arif fî mâ li-mawâsim al-‘âm min al-wazâ’if, 98. Ali Jum’a, Al-Bayân, 169-174.

  • [5] Mouslim, n°1017.

  • [6] As-Suyûtî, al-Hâwî lil-fatâwâ, 1/181-189. Mulla ‘Alî Qârî, al-Mawrid ar-Rawî, 307. Al-Qastalânî, al-Mawâhib al-Ladunniyya, 1/148. Ibn ash-Shamma, al-Ba‘îth ‘alâ inkâr al-bid‘a, 1/23-24. Al-Haytamî, al-Fatâwâ al-Hadîthiyya, 202.

Ce contenu a été rédigé avec l’aide de l’IA et relu par un éditeur.

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