La prière, qui est l’un des actes d’adoration les plus importants ordonnés par notre religion, est obligatoire pour tout musulman sain d’esprit et ayant atteint la puberté. La légitimité de la prière en congrégation est établie par le Coran, la Sunna et le consensus. Le Prophète (s.a.s.) a encouragé la prière en congrégation, a dirigé la prière en communauté toute sa vie, ne l’a pas abandonnée même lorsqu’il était malade, et a même prié derrière Abû Bakr (r.a.) en rejoignant la congrégation. (voir Boukhârî, Adhân, 29, 30 ; Muslim, « Masâjid », 42)
La prière en congrégation est devenue un symbole de l’islam. Le groupe formé par l’imam et ceux qui le suivent lors d’une prière commune est appelé « la congrégation ». Le fait de suivre l’imam pendant la prière en congrégation est appelé « iqtida », et la personne qui suit l’imam est appelée « muqtadi ». Pour que l’iqtida soit valide, il faut, en plus des autres conditions, qu’il y ait unité de lieu, qu’on ait l’intention de suivre l’imam et que l’on suive les mouvements de l’imam dans les piliers de la prière. Les paroles et les pratiques du Prophète montrent clairement que l’unité de lieu entre l’imam et la congrégation est nécessaire pour la validité de la prière en congrégation. En effet, le Prophète (s.a.s.) a demandé que l’on « se rende » à la mosquée lorsque l’on entend l’appel à la prière (voir Ibn Mâja, Masâjid wa Jamâ‘ât, 17 [792]) et a déclaré qu’une congrégation pouvait être formée par au moins deux personnes réunies. (voir Boukhârî, Adhân, 35 [658] ; Nasâ’î, Imâma, 47 [842-843])
Selon l’opinion générale des juristes, fondée sur les pratiques du Prophète (s.a.s.) et de ses compagnons (r.a.), l’unité de lieu entre l’imam et le muqtadi est une condition pour la validité de la prière en congrégation. Par exemple, la présence d’une route ou d’une rivière entre l’imam et la congrégation est considérée comme un obstacle à cette condition, et les juristes ont jugé que dans de tels cas, il n’est pas valide de suivre l’imam. De même, une personne se trouvant en dehors des limites réelles ou juridiques de la mosquée et de ses dépendances ne peut pas suivre l’imam qui dirige la prière à l’intérieur de la mosquée, en raison de l’absence d’unité de lieu. (voir Kâsânî, Bedâi‘, 1/226 ; Ramli, Nihâyetü’l-muhtâj, 2/198 ; Ibn Nujaym, al-Bahr, 1/384 ; 2/127 ; al-Fatâwa al-Hindiyya, 1/87 ; Ibn Âbidîn, Radd al-Muhtâr, 1/550)
Le principe fondamental dans les actes d’adoration est la soumission. Autrement dit, les actes d’adoration doivent être accomplis tels qu’ils ont été ordonnés par Allah et tels qu’ils ont été pratiqués par le Prophète (s.a.s.). Par conséquent, il ne faut pas adopter des interprétations qui changeraient les caractéristiques fondamentales de l’adoration ou qui annuleraient l’acte d’adoration. Il y a de nombreuses sagesses derrière le fait d’accomplir la prière en congrégation dans le même espace physique. La prière en congrégation permet aux musulmans de se rassembler, de former ensemble une entité spirituelle, de développer la conscience d’être une communauté, d’établir l’amour et la solidarité entre eux, de former une société solidaire en étant informés les uns des autres, d’échanger des connaissances et des expériences, et de rester à l’écart des environnements et des groupes où se commettent des actes inutiles ou des péchés. Il est également vrai que l’on fait preuve de plus d’attention et de conscience lors de la prière en congrégation. De plus, la grâce et la bénédiction de la prière en congrégation se ressentent bien plus que dans la prière individuelle. La prière en congrégation recèle de nombreuses sagesses, tant mondaines qu’ultimes, dont certaines nous sont accessibles, et il ne faut pas adopter des pratiques contraires à la réalisation de ces sagesses.
Une personne qui ne peut pas participer à la prière en congrégation pour une raison légitime peut former une congrégation là où elle se trouve et accomplir sa prière. Si cela n’est pas possible, elle accomplira sa prière seule.
En conclusion, les prières accomplies en suivant un imam par téléphone, télévision, internet, etc., sans unité de lieu, ne sont pas valides. Ces prières doivent être refaites dans le temps imparti ou, si le temps est écoulé, rattrapées ultérieurement.
Source: T.C. Diyanet İşleri Başkanlığı, Din İşleri Yüksek Kurulu
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