Le mot i‘tikaf, en arabe, signifie « rester dans un lieu, faire quelque chose de façon continue, se confiner quelque part ». Selon la terminologie religieuse, il s’agit de rester dans une mosquée où l’on appelle à la prière et où l’on accomplit la prière en groupe, en ayant l’intention de faire l’i‘tikaf, tout en jeûnant, pendant une période déterminée.
Le statut juridique de l’i‘tikaf varie selon sa forme :
L’i‘tikaf obligatoire (wâjib). Il s’agit de s’engager par la parole ou par l’action, ou de faire vœu (nazr) de rester en i‘tikaf si un certain événement se produit. Par exemple, dire : « Pour l’agrément d’Allah, je ferai i‘tikaf un ou plusieurs jours », rend cet acte obligatoire.
L’i‘tikaf sunnah mu’akkadah. Passer les dix derniers jours du mois de Ramadan en i‘tikaf est une sunnah confirmée, mais il s’agit d’une sunnah kifayah : si une personne de la communauté d’une mosquée l’accomplit, cela décharge les autres de cette responsabilité. Selon un récit rapporté de notre mère ‘Aïsha :
« Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) faisait i‘tikaf durant les dix derniers jours de Ramadan jusqu’à ce qu’Allah le rappelle à Lui. Ensuite, ses épouses l’ont fait après lui. »
L’i‘tikaf recommandé (mustahabb). En dehors de ces moments, faire l’i‘tikaf est recommandé. L’élément essentiel de l’i‘tikaf est de rester dans la mosquée, et sa condition est d’être en état de jeûne. Le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit :
« L’i‘tikaf n’est valide qu’avec le jeûne. »
Cela concerne l’i‘tikaf obligatoire et l’i‘tikaf sunnah mu’akkadah. L’i‘tikaf par vœu et l’i‘tikaf sunnah doivent durer au moins un jour, car le jeûne ne peut être inférieur à un jour. Celui qui fait l’intention de l’i‘tikaf pour un jour doit passer la journée et la nuit dans la mosquée. Pour l’i‘tikaf recommandé, il suffit d’y rester un court moment : si, en entrant dans la mosquée pour la prière, on fait l’intention de l’i‘tikaf, on est considéré comme l’ayant accompli jusqu’à ce qu’on quitte la mosquée.
Il est préférable que les hommes accomplissent l’i‘tikaf dans une mosquée où la prière en groupe est célébrée, tandis que les femmes peuvent le faire dans un endroit de leur maison réservé à la prière. Les mêmes règles qui s’appliquent aux hommes dans la mosquée s’appliquent aux femmes chez elles. Si la personne en i‘tikaf embrasse ou enlace son épouse, ou quitte l’endroit de l’i‘tikaf sans excuse valable pendant une heure, selon l’avis d’Abû Hanîfa, son i‘tikaf est annulé. Pendant l’i‘tikaf, il est permis de manger, de boire, de dormir et de parler de bonnes choses dans la mosquée. Il est également permis de sortir pour des besoins religieux (aller aux toilettes, faire le ghusl en cas de grande impureté, etc.).
L’i‘tikaf est pratiqué dans le but de se consacrer à l’adoration. C’est l’un des moyens les plus efficaces pour discipliner son âme. Celui qui s’engage dans l’i‘tikaf s’isole pour adorer son Seigneur. Ainsi, le cœur s’éloigne des préoccupations matérielles et trouve la sérénité. De plus, faire l’i‘tikaf pendant les dix derniers jours du Ramadan augmente les chances de coïncider avec la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr). Selon un récit rapporté de notre mère ‘Aïsha :
« Le Prophète passait les dix dernières nuits de Ramadan en adoration, réveillait sa famille pour la prière et s’abstenait de relations conjugales. »
De plus, le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit :
« Cherchez la Nuit du Destin parmi les dix dernières nuits du Ramadan. »
Par conséquent, durant l’i‘tikaf, les musulmans doivent éviter les paroles inutiles et consacrer leur temps à la prière, à l’apprentissage, à l’évocation d’Allah, à la lecture du Coran et à la prière nocturne.
Medet QURMASHULY,
Spécialiste du département de la charia et des fatwas du Conseil des muftis du Kazakhstan
Magazine « Iman », n°3, 2024
Ce contenu a été rédigé avec l’aide de l’IA et relu par un éditeur.