Selon les écoles hanafite, shafiite et hanbalite, une femme en période de menstruation ou de lochies ne peut pas lire le Coran, tout comme une personne en état d’impureté majeure (janâba). En effet, le Prophète (s.a.s.) a dit : « Ni la femme en période de menstrues ni la personne en état d’impureté majeure ne peuvent lire quoi que ce soit du Coran. » (Tirmizî, Tahâret, 98 [131] ; Ibn Mâja, Tahâret, 105 [595-596]). De même, ‘Alî (r.a.) a rapporté : « Rien n’empêchait le Messager d’Allah de lire le Coran, sauf l’état d’impureté majeure. » (Abû Dâwûd, Tahâret, 88 [229] ; Nasâ’î, Tahâret, 171 [266] ; Ibn Mâja, Tahâret, 105 [594]). Dans une autre version, il est rapporté qu’‘Alî a dit : « Le Messager d’Allah nous récitait le Coran tant qu’il n’était pas en état d’impureté majeure. » (Tirmizî, Tahâret, 111 [146]).
Outre cette approche générale, il existe également certains avis détaillés au sein de ces trois écoles. Les hanafites et les shafiites estiment qu’il est permis de réciter, dans l’intention de prière ou de dhikr, les versets du Coran ayant le sens d’une invocation, même en état d’impureté majeure, de menstruation ou de lochies ; les shafiites permettent aussi de contempler le texte du Coran sans le prononcer ni bouger les lèvres, en méditant intérieurement ; les hanbalites autorisent la récitation de formules telles que la basmala ou la hamdala, à condition qu’il n’y ait pas l’intention de réciter le Coran. (Serahsî, el-Mebsût, 3/152 ; Ibn Qudâma, el-Mughnî, 1/106 ; Sharbînî, Mughnî al-muhtâj, 1/290)
Dans l’école malikite, deux avis différents existent à ce sujet. (Ibn al-Jallâb, et-Tefrî‘, 1/39 ; Qarâfî, az-Zahîra, 1/379) Certains malikites postérieurs ont préféré l’avis selon lequel une femme en période de menstruation peut toucher le Coran et le lire à des fins d’enseignement ou d’apprentissage. (Desûkî, Hâshiya, 1/174 ; Azharî, Jawâhir, 1/32)
De nos jours, afin d’assurer la continuité de l’enseignement du Coran sans interruption, il est possible de suivre cet avis de l’école malikite. Cependant, étant donné la diversité des méthodes d’enseignement du Coran, il est également possible pour les femmes en période de menstruation ou de lochies d’écouter la récitation d’autres personnes ou des enregistrements, et de se concentrer sur la correction de la prononciation en répétant les versets mot à mot. Cette méthode peut être plus prudente afin d’éviter toute divergence.
Source: T.C. Diyanet İşleri Başkanlığı, Din İşleri Yüksek Kurulu
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